2017: un journal de gratitude simple et bienveillant

10 janvier 2018

En grande amatrice de listes, c’est avec enthousiasme que je me suis attelée à l’un de mes exercices favoris, tirer les sommes. Rapidement, je me suis trouvée face à une difficulté insolite: comment mettre des mots sur cette année 2017 sans tomber dans un excès de nombrilisme? Alors je voudrais commencer en partageant le bilan de mon journal de gratitude commencé il y a un an, qui je l’espère, pourra intéresser certains d’entre vous.

Un petit carnet qui déplace des montagnes

Chaque jour, prendre quelques minutes pour penser à la journée écoulée et noter en quelques mots (ou plus) ce qui nous a rendu reconnaissant, fait sourire, amusé.

Cela peut sembler bien simple, tout bête, trop peu. Mais telle l’eau qui, goutte à goutte, creuse la pierre, cet exercice a été plus difficile que je ne le pensais et ses effets plus grands que ceux attendus.

2016 a été une révolution pour moi: la naissance de notre fils, les premiers mois de maternité assez difficiles pour la rêveuse introvertie que je suis, un changement d’employeur pas des plus heureux. J’ai terminé l’année sur les rotules. J’ai abordé 2017 en choisissant d’ouvrir mon esprit afin de me donner toutes les chances de saisir des opportunités que je n’aurais pas forcément considérées « dans ma vie d’avant ».

Il fallait donc que je change mes habitudes pour casser les sillons mentaux creusés par mes pensées, ceux qui déterminaient presque en avance un comportement ou une réaction face à une situation donnée: changer mes yeux pour changer le monde autour de moi.

Jusqu’alors je m’étais contentée de faire une liste des bonnes choses et petits plaisirs lorsque mon moral était bas, mais j’ai voulu tenter un exercice un peu plus régulier: le journal.

Tenir un journal de gratitude

Cette idée du journal de gratitude se retrouve dans de nombreux articles de blogs ou de développement personnel. Moi qui aime me documenter en profondeur avant de me lancer dans quelque chose (pour “bien” faire) j’ai scanné des dizaines de sources, souvent similaires. Pinterest regorge de magnifiques carnets, de gratitude journals et de pages de bujo colorées, sans une rature ni un trait qui dépasse. A mon sens cette abondance de sollicitation peut éloigner du sens premier de l’exercice.

Car la gratitude, c’est une habitude: on peut en parler autant que l’on veut (j’en suis coupable ici-même !), ses bénéfices ne se révéleront qu’à travers la pratique qui est, en apparence, d’une désarmante simplicité. Comme la marche, le yoga, le jardinage ou toute autre activité qui augmentent notre sentiment de bien-être. Il n’y a rien d’abstrait ou d’intellectuel dans tout cela, ce qui compte, c’est de le faire.

Et c’est justement cette régularité qui m’a parfois fait défaut, alors que je tentais d’instaurer une routine simple et agréable pour mon moment de gratitude quotidien. Après une période commencée sur les chapeaux de roue, j’ai rencontré les premiers obstacles dont je vous faisais part ICI. Car pour noter les joies du quotidien, il faut être dans le moment présent, ne pas vivre en mode automatique. Cette prise de conscience m’a parfois mise mal à l’aise et m’a poussée à m’interroger sur certains choix ou habitudes dont j’avais moyennement conscience.

Pour un journal de gratitude simple et bienveillant

Après m’être heurtée à la version « parfaite » du gratitude journal, j’ai pris un peu confiance en moi et ai commencé à jouer avec le concept pour me l’approprier. Voici ce qui marche pour moi.

Hobonichi, presque tous les jours

Tout d’abord, j’ai tenté d’être plus bienveillante envers moi-même: cet exercice est un cadeau que je souhaite me faire, pas une corvée. Donc exit la culpabilité. C’est en suivant les réalisations des fans de l’agenda Hobonichi (qui signifie “presque tous les jours”) que je me suis imprégnée de cette philosophie.

Le Hobonichi  est un agenda extrêmement versatile, et qui au Japon est parfois utilisé comme journal personnel – avec les petits dessins style manga et les notes sur la journée passée (quelques exemples ICI). En grande fan de papeterie je prends un grand plaisir à découvrir les dessins, collages, au sein de cette communauté à l’ambiance bienveillante et positive. On doit faire face à tellement d’obligations tous les jours, pourquoi s’en rajouter?

Que vient donc faire cette explication au milieu de mon article sur la gratitude? C’est tout simplement qu’en 2017 mon agenda était un Hobonichi, et la philosophie du « presque tous les jours » a imprégné toutes mes activités – sans que je m’en rende bien compte. Ce « presque » est comme une gentille tape sur l’épaule, un « hey moi aussi je fais de mon mieux, j’y arrive presque tous les jours ». C’est chouette vous ne trouvez pas?

Rien n’est figé: jouer avec les rituels

Ensuite, j’ai testé plusieurs plages horaires pour remplir mon petit carnet:

  • avant de me coucher: le plus pratique mais je suis tellement tête en l’air que parfois j’oublie déjà comment s’est déroulée ma journée et avec ceci, mon moment de gratitude
  • tout au long de la journée: en notant les événements ou pensées positives lorsqu’ils arrivent. Si le moment de gratitude bénéficiait d’une “fraicheur” incomparable, il me manquait souvent le calme nécessaire à l’instrospection.
  • un mix des deux: en notant sur mon agenda, si je le peux, quelques mots au vol. Je m’y réfère ainsi le soir si nécessaire, avant d’écrire dans mon carnet. La routine est légèrement plus compliquée mais jusqu’à présent c’est celle qui me convient le mieux.

Le pourquoi du comment

Enfin, après avoir relu mes journaux de gratitude des premiers mois de l’année, j’ai réalisé que certains moments notés ne m’évoquaient plus rien car trop abstraits ou génériques. J’aime la photographie, j’ai tendance à me plonger dans le moment sans chercher à l’analyser à tout prix. Je le regarde, je le vis, c’est tout.

Par exemple il y a quelques mois je notais « Le silence dehors quand tombe la pluie ». Etait-ce la nuit ou le jour? Qu’est-ce que je faisais? Est-ce que je rêvassais, j’étais apaisée, mélancolique?

Noter le pourquoi fait toute la différence, et permet de mieux cerner le sentiment de reconnaissance que l’on souhaite saisir à travers les mots. Je trouve qu’il l’inscrit plus en profondeur (car il est plus facile de relire et de revivre les notes des mois passés). Pour approfondir sur ce sujet, je ne peux que vous conseiller l’article de Florie « quel est votre pourquoi« .

D’autres pistes à explorer

Qui a dit que le journal de gratitude devait être en papier ou sous forme de texte uniquement? Je crois que les deux éléments les plus importants pour que l’exercice porte des fruits sont le rituel, et le fait de pouvoir relire ses écrits en cas de blues. Ainsi, on pourrait imaginer un carnet de gratitude différent:

  • un album photo
  • un compte twitter ou Instagram (pourquoi pas, la gratitude c’est contagieux 🙂
  • un art journal faisant la part belle au visuel et au collage

***

Déjà un an que par intermittence, à mon rythme, je déplace mes montagnes mentales en notant la délicatesse irréelle des ailes d’une libellule, mes progrès personnels, le parfum frais du linge, la première tomate du balcon ou les commentaires que vous m’écrivez. Je ne pourrais plus m’en passer, ou peut-etre qu’un jour mes yeux seront tellement baignés de reconnaissance que je n’aurai plus besoin d’un carnet comme intermédiaire. Ce n’est pas ce carnet qui change ma vie, c’est moi, en yconsignant de petites gouttes d’eau si fragiles et puissantes à la fois.

Je vous laisse sur ces mots qui peut-être étaient ceux dont vous aviez besoin pour créer vous aussi VOTRE journal de gratitude. Pour commencer l’année nouvelle, ou à un quelconque autre moment qui sera le bon, sous la forme qui vous convient.

Merci, merci à vous de passer par ici, de vous sentir libres d’échanger et de partager un peu vous. Alors qu’au début sur ce blog je rédigeais sous mon second prénom des articles en anglais, Kinoette a juste un an. C’est ma bouffée d’air frais, je m’y sens bien et j’espère que vous aussi. Pour 2018, je vous souhaite, de tout coeur, du courage. Et là alors que je vous écris, c’est ce mot qui je crois, va guider mon année. Je vous embrasse.

 

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10 comments

Nadège 10 janvier 2018 at 10:20

Très belle année 2018, Aurélie !
Merci de nous rappeler que « faire de notre mieux suffit » 🙂

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Aurelie 11 janvier 2018 at 9:21

Chère Nadège, une très belle année 2018 à toi aussi ! Le « presque tous les jours » est une grande révolution, c’est tout simple et à la fois ça change tout 🙂

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Marine 10 janvier 2018 at 4:55

Merci Aurélie !
Un article qui m’inspire à faire évoluer à mon tour mon carnet avec de petits dessins … et surtout qui me rappelle comme le dit Nadège que faire de son mieux est déjà un grand pas !!!

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Aurelie 11 janvier 2018 at 9:26

Mais oui pourquoi se limiter à l’écriture, un collage, un petit dessin peuvent aider à saisir un moment de reconnaissance. Et en plus c’est joli et cela fait progresser en dessin ! C’est le site de Hobonichi qui m’a donné envie de tester parfois de petites scènes manga et je m’amuse comme une enfant. Merci d’etre passée par ici Marine, à bientot 🙂

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grisélidis 14 janvier 2018 at 3:51

Très belle et douce année Aurélie ! Ton billet est sans doute celui qu’il me fallait lire pour entrevoir sans trop d’appréhension, ces mois qui arrivent. Un billet empli de bienveillance envers soi.

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Aurelie 15 janvier 2018 at 9:44

Chère Grisélidis, merci pour tes vœux, je te souhaite tout pareil pour la nouvelle année <3
Cela me fait plaisir que le billet ait touché une corde sensible, c’est tellement difficile de se faire confiance et de s’encourager au quotidien surtout quand on se sent un peu fragile ou que l’on perd ses repères. Clotilde Dusolier a partagé quelques pistes dans ses deux derniers podcast de « change ma vie », celui de jeudi m’a beaucoup interpelée, il s’intitule: « se parler gentiment ». C’est tout bête mais cela fait du bien de se le rappeler encore une fois, on a tendance à oublier pas vrai? Je t’envoie plein de bienveillance du lundi matin 🙂 à bientôt <3

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Florie 18 janvier 2018 at 11:42

C’est une super idée ça, d’ajouter le « pourquoi » aux moments de gratitude : pourquoi on se sent reconnaissant d’avoir vécu ce moment. Je vais l’intégrer à mon carnet de gratitude cette année, merci pour l’idée brillante 😉

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Aurelie 19 janvier 2018 at 12:17

Florie je suis contente que cette idée te parle, et je n’en suis pas étonnée en lisant tes articles sur la quète de sens. Au début j’ai trouvé l’exercice un peu intimidant et parfois dérangeant – exit les paroles en l’air, positives et agréables mais parfois écrites sans savoir vraiment pourquoi. Je ne le fais pas tout le temps mais je cherche à en faire une habitude dans ma façon de raisonner. Cela m’aide à mieux me connaitre, et à mettre des mots sur mes sentiments et ressentis. Tout un programme ! Je suis curieuse de savoir si cela te sera utile aussi 🙂

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Fanny | Parenthèse Citron 23 janvier 2018 at 6:14

Très intéressant comme article ! En fait ça fait un moment que j’en entends parler, que je me dis que je vais me lancer, et puis j’ai tenu peut-être une semaine, ne pensant plus ensuite à ouvrir le carnet que j’y avais dédié. Mais de te lire m’a fait prendre conscience que je pouvais vraiment y dédier aussi mon agenda. A gauche il y a les jours, et à droite, des lignes. Jusque là, ne le soignant pas vraiment j’empiétais à droite, mais si je sépare bien les espaces, ça peut être l’outil idéal pour y penser régulièrement et le relire tout aussi régulièrement ! 🙂 Surtout avec l’année riche en rebondissements qui s’annonce 😉

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Aurelie 24 janvier 2018 at 10:58

Merci Fanny, ça me fait plaisir d’amorcer la discussion sur le journal de gratitude qui nous ressemble ! En ce moment il y a tellement de beaux exemples parfaits et d’articles sur le sujet, j’ai eu envie de partager concrètement et sans calligraphie ce que peut être un journal de gratitude qui marche et qui « fait le job ».
J’aime beaucoup l’idée de l’agenda, parce qu’en plus en changeant de semaine tu peux aussi changer l’organisation, faire des tests, des petits dessins, compléter… En plus si tu le promènes toujours avec toi tu peux le relire en cas de petit coup de mou, moi c’est ce que je fais 🙂 Il me tarde de suivre tes nouvelles aventures en tout cas, quelle belle année se dessine devant toi ! A bientôt 🙂

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