Simplifier: la bibliothèque

20 février 2015

book-worm

Depuis toute petite je dévore les livres. Cette passion est parfois difficile à concilier avec mon besoin de simplicité.

Chaque été, dans le Sud, je retrouvais mes compagnons, les volumes de la bibliothèque verte (ma préférée) et la rose, vers laquelle je me tournais un peu à regret lorsque j’avais lu et relu les aventures du Club des Cinq, d’Alice Roy ou d’Arsène Lupin. Encore aujourd’hui, chez ma grand-mère, le parfum si particulier de leur papier me transporte littéralement en enfance, lorsque les après-midi hors du temps s’écoulaient, bercées par le chant lancinant des cigales.

Plus tard, j’ai continué à avaler des pages, le soir, la nuit, jusqu’à ce que la fatigue soit la plus forte. Quand j’y pense, c’est étrange, je me rappelle de très peu de tous ces livre, plutôt de l’impression ou des sentiments qu’ils ont fait naitre en moi. Les livres renferment des mondes qui me happent toute entière et finalement me rejettent après la tempête, tremblante et bouleversée, sur la plage déserte au petit matin. C’est certainement pour cela que j’ai pendant longtemps associé les livres aux souvenirs de voyages intérieurs, et donc la bibliothèque à un monde entier à portée de main dans le salon.

Etudiante, je suis même devenue un peu trop sérieuse avec les livres. Ils étaient les témoins muets de mon érudition. Dans ma future maison imaginaire, je construisais un coin dédié à la lecture, avec des volumes jusque sous les haut-plafonds et des tapis persans sous les Chesterfield. Quelle vanité !

Aujourd’hui, j’ai compris, ou du moins, je suis dans une autres phase. Les livres sont plus que jamais mes compagnons, non parce qu’ils m’accompagnent sagement dans un coin du salon, mais parce qu’en les traversant, en laissant leurs mots traverser mon âme, ils me transforment. Cela m’est égal qu’il m’appartiennent, ce n’est pas leur papier qui me nourrit. J’aime plus que tout les partager avec mes proches, noter une phrase dans mes petits carnets. Une fois lus, je les porte en moi et n’éprouve nul besoin de les posséder physiquement. Si je devais souhaiter relire un ouvrage, il serait très facile de le trouver de toute façon.

Vider les univers de mes proches après leur départ, les bibliothèques, les papiers en pagaille, a certainement quelque chose à voir avec ce changement. Je ne veux pas que mes aimés m’associent à des objets, et moi non plus je ne veux pas devoir vivre pour ces objets. En octobre, la bibliothèque de notre petite chambre s’est rebellée sous l’assaut des livres. Je me suis vue en train de planifier une nouvelle disposition des meubles pour pouvoir caser plus de choses dans ce petit espace. Et c’est à ce moment-là que l’absurdité de la démarche m’a frappée. Je devais faire le contraire : apprendre à respecter cet espace et ne pas le laisser perdre du terrain face aux assaut des livres ou autres objets !

Après une visite sur le site internet de momox et une inscription à la bibliothèque de l’Institut Français de Milan, j’ai 60 euros en poche et des livres en pagaille, en français, pour un an : économies + moins de poussière à faire dans la petite chambre + accès aux livres et à leurs univers, illimité: laissez-moi le dire, je suis contente de moi !

 

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2 comments

Dame Oiselle de papier 25 mai 2017 at 6:24

Lorsque j’ai déménagé, j’ai dû me séparer de mes livres (j’en avais 700 – il m’en reste une centaine) et ça fait du bien.
Ca fait du bien de se délester de tous ces biens matériels. Des fois, c’est trop lourd.
J’ai gardé mes coups de cœur et c’est bien suffisant.

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Aurelie 25 mai 2017 at 9:19

C’est vrai que ça fait du bien… On fait de la place pour de nouvelles histoires et des aventures inattendues

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