Potager de balcon: mon bilan de l’été

13 octobre 2017

Dimanche. Alors que les courges prennent la part belle sur les étals du marché, les dernières tomates rougissent sur mon potager de balcon. Ainsi c’est déjà l’automne? A l’heure de la sieste, je m’arme de sacs, pelle, balais, prends au vol crayons et journal de jardin. Il est temps de récolter les fruits de cette saison au balcon.

Mon balcon en Italie: entre potager et petite jungle urbaine

Autant le dire tout de suite: je trouve qu’il est difficile de trouver l’équilibre « au balcon ». Comme dans la vie.

Chaque phase de la vie est accompagnée de contraintes en terme de temps, de budget et aussi, il faut le dire, d’intérêt. En effet le jardinage est une activité assez méditative et selon les périodes que l’on traverse, on n’a pas forcément envie de se retrouver face à soi-même. Ou on n’a pas la tête à être « responsable » d’organismes vivants comme les plantes, qui ont besoin de soins.

Lorsque j’habitais à Milan, j’avais un micro-balcon qui débordait de plantes. Je pestais ensuite contre le manque de temps,  de place, autant de facteurs que je voyais comme des obstacles à ma transformation en Marta Stewart des terrasses.

Puis, en déménageant à la campagne, j’ai pu laisser libre court à ma tendance à l’accumulation – sans me lancer dans le potager, vu que je n’étais disponible que le weekend, et encore.

Depuis quelques mois j’ai plus de temps à disposition, en revanche j’ai choisi de ne pas trop encombrer la terrasse pour qu’elle reste un espace de jeu sûr pour mon fils. De plus, mes intérêts évoluent: étrangement, moi qui était une grande amatrice des cactées et succulentes, je me retrouve à les oublier dans un coin, au profit des salades, tomates et autres plantations « utiles ».

Cette année, j’avais décidé de faire dans le minimalisme. Puis sur un coup de tête, j’ai tout chamboulé. Voici donc un article en forme de bilan: ce que j’ai fait, ce qui a marché, ce qui a raté. Je vous raconte?

Diviser une motte de bambou noir

Il y a quelques années, lors d’une visite à ma famille dans les Cévennes, j’ai craqué pour un bambou noir (Phyllostachys nigra, qui peut être cultivé en pot!). Je l’ai rapporté en voiture: 700 km dans ma vieille Fiat avec les chaumes du bambou qui me chatouillaient le cou. Autant vous dire que j’y tiens beaucoup.

Lorsque j’ai décidé de le changer de place pour gagner de l’espace au sol, en l’installant dans une jardinière servant de brise-vue, j’ai dû ainsi changer son pot.

Afin de passer d’un pot rond à un bac rectangulaire, une seule solution: diviser les racines pour répartir la plante dans tout le bac. Seulement voilà, les bambous sont connus pour avoir des racines traçantes très puissantes, et la plante commençait à être assez imposante. Me voici donc, au début du printemps – lorsque la végétation n’a pas encore repris mais qu’il ne fait plus très froid – armée d’une scie… J’ai dépoté le bambou, enlevé le plus de terre possible. En mettant à jour les racines j’ai noté l’apparition de nouvelles pousses toutes tendres. J’étais donc assez nerveuse car j’avais vraiment peur d’abimer irrémédiablement mon petit nigra.

bambou noir en bac

Je me suis lancée, en me répétant que le bambou est de la même famille que le gazon, et qu’un petit coup de scie n’est pas si terrible. J’ai scié la motte en son centre afin d’obtenir deux « plantes » de bambous. Malgré mon attention les petites pousses n’ont pas résisté à la manipulation et se sont cassées. C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai installé les deux bambous dans leur nouveau bac, en guettant le moindre petit signe de reprise.

Il aura fallu presque un mois, mais de nouvelles feuilles vert tendre sont apparues, et quelques semaines plus tard, de nouvelles pousses.

Cultiver des tomates cerise sur le balcon

Je m’étais pourtant promis de ne pas mettre trop de plantes sur le balcon. Un matin de printemps cependant, j’ai craqué pour des pieds de tomate cerise et des aromatiques.

Les pieds de tomate mi-mai

tomates cerise et basilic en pot

les tomates début juin

tomates cerise en bac sur le balcon

les tomates fin juillet

J’ai été vraiment surprise de la taille qu’ont atteint les plantes, et du peu de soin qu’elles ont demandé: du soleil, de l’eau, des tuteurs pour les guider, et si j’ai mis deux fois de l’engrais liquide bio dans la terre, c’est par miracle.

Des aromatiques tout l’été

Si j’ai beaucoup de succès avec certaines aromatiques, notamment le basilic, d’autres me donnent du fil à retordre depuis des années. C’est le cas du thym et du romarin. C’est très vexant pour moi, la fille du Sud, région dans laquelle ces plantes poussent comme du chiendent… J’ai mené l’enquête, et ai récolté plusieurs théories au fil des ans:

  • un papi maghrébin qui me dit: l’air en hauteur n’est pas le même que l’air au ras du sol pour le thym, c’est donc pour cela qu’il n’est pas à son aise sur ton balcon – hum, il doit y avoir du vrai là dedans.
  • mon papa qui me dit: il faut vraiment les laisser tranquille et ne pas trop les arroser. déroule les racines et mets plein de calcaire/cailloux dans la terre, comme sur la Sainte-Victoire – ça marche un temps, mais pas pour les jeunes plants de pépinière.
  • mon instinct qui me dit: ce ne sont pas des « vrais » thyms et romarins, mais des plantes qui ont grandit dans des serres avec du micro-arrosage (il n’y a qu’à voir les racines, elles sont capillaires et toutes petites, alors que les racines d’une plante qui se sera battue pour trouver de l’eau seront plus puissantes).

Au printemps j’ai donc décidé de traiter le romarin comme une mauviette et l’ai arrosé régulièrement. Eh bien je l’ai encore, même s’il n’est pas aussi beau que ceux de ma Provence! Alors évidemment d’autres facteurs entrent en jeu: la météo, l’absence de parasites, etc. Mais enfin, j’ai repris confiance et cela m’a presque donné envie d’installer un thym l’année prochaine.

Sur cette photo on note un basilic à petites feuilles, qui malheureusement n’a pas résisté à une attaque de champignon, malgré le traitement à la décoction d’ail… Les feuilles ont commencé à se « cristalliser », noircir et fondre. En désespoir de cause j’ai tout coupé pour essayer de faire repartir la plante sur de bonnes bases, mais il faut croire que le champignon était encore présent dans la terre et les premières jeunes feuilles ont été à leur tour dévorées.

Autres victimes, mais cette fois de la grande vague de chaleur du mois d’aout, la Mélisse et la Menthe marocaine. J’avoue avoir oublié de les placer à l’ombre avant de partir une semaine à la montagne, et elles ont pris un gros coup de chaud. Là encore, j’ai tenté le tout pour le tout en coupant les parties abimées. Les plantes ont repris mais elles restaient chétives. J’ai donc récupéré les feuilles pour me concocter des eaux parfumées.

De la salade dans une cagette

Cette année mon amoureux a introduit plus de légumes dans son alimentation, ce qui s’est traduit par mes trois jardinières occupées par de la roquette. J’avais envie de varier un peu le type de salade à disposition, je me suis donc lancée dans la confection d’une jardinière dans un cageot de bois récupéré au marché pour y cultiver de petits pieds de salade de taille.

Pendant un mois j’ai complété mes plats avec la salade du balcon… jusqu’à ce qu’une grosse chaleur, en août, ne brûle les petites feuilles fragiles. J’ai un article détaillé en préparation, avec références et conseils. Vu que la salade peut être cultivée presque toute l’année sur le balcon, cela pourrait être utile de le partager rapidement, pour les semis d’automne!

Cultiver des plantes sur son balcon quand on a un jeune enfant

Voici plus ou moins à quoi a ressemblé mon balcon au printemps-été. Mon intérêt se tourne toujours plus vers des plantes utiles comme les aromatiques, comestibles, et je l’espère, bientôt, tinctoriales. Je crois que c’est une évolution naturelle: j’ai peu de temps et d’espace à disposition, j’ai envie de consacrer mon énergie à faire pousser des plantes que mon fils peut découvrir, humer, goûter sans danger.

Mon balcon n’est plus un lieu de méditation solitaire – il le reste encore, certains matins. Cependant aujourd’hui il ressemble plus à un terrain d’expérimentation, offrant de nombreuses choses à explorer.

Je vous avoue que ce passage ne s’est pas fait sans heurt. Etant une personne introvertie, partager mon jardin secret avec un petit garçon plein d’énergie a été, parfois, frustrant. Notamment lorsque les timides fleurs de lavande commençaient à pousser, et que mon fils les arrachait par curiosité. Ou qu’il attrapait et lançait chez le voisin les toutes petites tomates encore vertes (les « balles »).

Cependant, j’ai réalisé cet été – certains se diront: finalement – que voulez-vous, j’ai du mal à lâcher prise – – que ma vie, maintenant, ne sera plus jamais rangée, qu’en marchant pied nu sur le sol j’aurai de grandes chances d’y écraser des miettes ou des legos. Elle sera pleine de pots de fleurs renversés et de grand éclats de rire.

Mon fils s’est amusé, et j’ai appris à m’amuser avec lui. Je suis heureuse qu’il ait passé l’été près des plantes, qu’il ait arraché le basilic ou les feuilles des tomates, pour ensuite sentir leur parfum en faisant « mmm ».

C’est peut être tout bête, mais encore une fois, le jardinage m’a offert sans bruit une grande leçon de vie. Et si vous êtes arrivé jusqu’ici en recherchant des conseils pour cultiver des plantes avec de jeunes enfants, si vous hésitez, de tout mon coeur, je vous réponds: foncez! C’est une occasion merveilleuse de passer du temps ensemble, de faire confiance à son enfant, même s’il y aura du bazar. Le bazar, c’est la vie <3

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Et vous quels ont été vos succès au balcon ou au jardin cette année? Avez-vous reçu des enseignements de Mère Nature? Et l’année prochaine, pensez-vous vous lancer dans quelque chose de nouveau? Racontez-moi!

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