DIY: créer un presse-fleurs de poche

27 septembre 2017

C’est en rentrant d’une balade en montagne avec amoureux et enfant que j’ai eu l’idée de me faire un presse-fleurs de poche. Quand on part en vadrouille avec un petit qui court partout, préserver les plantes et fleurs cueillies le long du chemin n’est pas vraiment la priorité. Ce jour là, lorsque finalement j’ai pu me poser pour m’occuper de la récolte, je me suis retrouvée avec des tiges toutes flétries et des fleurs déprimées.

presse-fleurs de poche

En effectuant quelques recherches j’ai trouvé deux modes pour préserver les plantes et fleurs cueillies lors des balades: le vasculum (boîte d’herborisation ou boîte à herboriser) et le presse-fleurs.

Boîte à herboriser et presse-fleurs de poche

Ce sont les deux méthodes les plus utilisées par les herboristes pour conserver au mieux les plantes récoltées sur le terrain. A mon sens elles sont complémentaires: l’une permet de maintenir les plantes en l’état, l’autre les presse dès que possible. Le choix dépendra avant tout de la destination des végétaux cueillis: confection de tisanes, prélèvement de boutures, bouquets secs, herbier.

Pour ma part je cherche à connaître les plantes de ma région et j’ai commencé un herbier d’étude où je conserve fleurs, plantes et tiges. Ainsi, presser les spécimens au plus tôt me permet de maintenir forme et couleurs intactes, autant que possible.

Parenthèse: petite histoire de la boîte à herboriser

En préparant ce billet j’ai lu de nombreux articles passionnants sur le vasculum qui était très en vogue chez nos amis d’outre-Manche durant l’ère victorienne. A l’époque, l’intérêt pour la science, la notion de progrès se diffusait chez tous les citoyens notamment grâce à l’exposition universelle de 1851. Explorer la nature était une façon simple et démocratique de se créer un petit cabinet de curiosités.

De là s’est diffusé entre autres un intérêt pour les fougères au point de créer une mode, la Pteridomania. Une façon acceptable pour les femmes de cultiver leur curiosité scientifique sans embêter les hommes avec la « vraie » science… L’engouement pour les sciences naturelles a participé à la diffusion d’objets comme le vasculum, dont on trouve de nombreux exemplaires dans les dessins de l’époque, et aujourd’hui dans les musées.

vasculum ou boite a herboriser

Ainsi la boîte à herboriser me fait vraiment de l’oeil. Et puis Charles Darwin en avait une aussi. L’envie de posséder un objet cher à l’un de mes héros est très forte, cependant je n’ai pas envie de l’acheter neuve (Deyrolle propose une reproduction). Peut-etre qu’un jour je trouvera un exemplaire en brocante, ou que j’en ferai une moi-même.

La solution plus pratique pour le moment reste donc le presse-fleurs en version portable.

DIY: faire un presse-fleurs de poche

J’ai trouvé un chouette tuto (en anglais) sur Instructable et cela m’a servi de base pour le mien. Je vous montre?

confection presse-fleurs

Le matériel

Pas besoin de grands investissements pour créer ce presse-fleurs.

  • deux planchettes aux dimensions souhaitées. Pour ma part j’ai opté pour une planche de medium de 4 mm trouvée dans un coin de mon magasin de bricolage pour un euro que j’ai fait couper en deux proprement par l’employé du magasin. Les dimensions sont d’environ 11 cm x 20 cm afin que je puisse facilement glisser le presse-fleurs dans mon sac. Je pense qu’un carton bien épais pourrait aussi être utilisé.
  • du carton ondulé. Récupéré des colis reçu et au supermarché
  • du papier non acide. J’ai récupéré quelques feuilles de papier Tomoe river de mon Hobonichi
  • un ruban en toile de coton (environ 50 cm)
  • une boucle en métal. A récupérer sur un vieux sac peut-être?
  • environ 10 cm de velcro
  • ruban ou fil pour maintenir les éléments (facultatif)
  • du washi-tape (facultatif)

Outils:

  • Perceuse ou Dremel (facultatif)
  • Perforatrice et oeillets
  • Ciseaux
  • pistolet à colle (ou colle bien puissante)

Confection du presse-fleurs de poche

1. Couper le carton ondulé aux mêmes dimensions que celles des planches.

J’ai choisi de mettre 8 feuilles de carton afin d’avoir un peu de place pour glisser les plantes durant la balade, mais on peut en mettre autant que l’on veut. Je crois que garder une dimensions « de poche » est important, afin de ne pas trop se charger. A vous de voir ce qui vous correspond!

Choisissez du carton ondulé afin que l’air circule bien entre les planches.

2. Monter le presse-fleurs comme il sera une fois fini

Ce afin de mesurer les dimensions du ruban qui servira à le fermer.

3. Montage de la fermeture

Sur le net j’ai trouvé des versions collées mais j’ai préféré sortir fil et aiguille afin d’obtenir un résultat plus solide et soigné. C’est un projet très facile, pas de panique!

Le mieux est que je vous montre la version finie: sur le devant se trouve la boucle dans laquelle j’ai passé le ruban. J’ai choisi de « doubler » le ruban sur le devant du presse-fleurs afin de pouvoir le fixer au pistolet à colle sans risquer de faire transparaitre la colle – ce qui aurait été très moche. Le résultat est donc le ruban double cousu sur une dizaine de cm.

Sur l’arrière du presse-fleurs en revanche pas besoin de doubler le ruban, car on va y fixer le velcro (coté rugueux qui accroche). Cette double épaisseur permettra là aussi de ne pas faire déborder la colle.

J’ai mesuré environ 8 cm et je l’ai cousu en essayant de le maintenir centré.

Enfin la dernière partie est le velcro coté « doux » qui passe et repasse dans la boucle du presse-fleurs pour l’ouvrir et le fermer (d’où l’intérêt d’avoir la partie douce du velcro, plus souple, et non la partie rugueuse qui accroche et est désagréable au toucher).

J’ai rabattu l’extrémité du ruban sous le velcro et ai cousu par dessus pour le fixer. Cela assure une finition plus propre.

Une fois le velcro cousu, j’ai pré-assemblé le presse-fleurs et ai fixé le ruban sur les deux couvertures à l’aide de colle à chaud. Je pense que là aussi une colle assez puissante « à tout faire » pourrait faire l’affaire, sans avoir nécessairement recours à un pistolet à colle.

4. Décoration des feuilles de carton

J’ai choisi de laisser l’extérieur du presse-fleurs très sobre, mais j’avais tout de même envie d’y rajouter un peu de couleur. J’ai donc sorti mes washi-tape que je garde religieusement dans l’attente de transformer ma maison en une annexe de Pinterest. Si j’en ai marre, ou si les cartons s’abiment au cours du temps, hop, je changerai.

5. Montage du presse-fleurs

Vu ma maladresse depuis quelques temps j’ai choisi de maintenir les différentes parties par un lien afin qu’elles ne tombent pas une fois le presse-fleurs ouvert. J’ai donc percé deux trous dans le medium – du coté gauche – et ai fait de même dans les cartons. J’ai utilisé la petite perceuse Dremel pour le médium, et une perforatrice pour le carton.

Afin que le lien n’entame pas le carton à force d’ouvrir et de fermer le presse-fleurs, j’ai rajouté des oeillets métalliques. On trouve des kits sans même devoir acheter la pince à oeillets, il faut juste un marteau et une surface à l’épreuve des coups. Des renforce-oeillets adhésifs pourraient faire l’affaire aussi, si vous en avez sous la main.J’ai ensuite préassemblé les différentes pièces en glissant un lien dans les trous, en veillant à alterner les couleurs.

Après avoir utilisé ce presse-fleurs pendant toutes les vacances, je dois dire que le fil choisi (en jute) accroche un peu les pages et ne permet pas de les faire tourner facilement. Je vais opter pour un ruban en satin qui, je pense, sera plus adapté.

Pour finir j’ai plié en deux des feuilles blanches dans lesquelles glisser plantes et fleurs lors des balades. Je les ai insérées entre chaque feuille cartonnée.

Et voilà le résultat une fois fini!

Le presse-fleurs baladeur posé sur mon grand presse-fleurs A4 créé suite à l’article de Noémie sur l’herbier.

Et le presse-fleurs de retour des Dolomites avec tous les trésors de l’été préservés, pour apprendre, s’émerveiller et rêver à ces alpages si beaux.

***

J’ai adoré réaliser ce projet qui est très simple et peut se prêter à de multiples variantes, en fonction de ce que l’on a sous la main. Pas besoin d’acheter beaucoup de matériel ou d’outils pour créer, ce presse-fleurs et si simple qu’on peut certainement adapter le tuto pour un atelier pour les enfants. De même, on pourrait imaginer une version multi-papier avec une alternance de feuilles à dessins, jolis dépliants, pour créer une sorte de carnet de vacances qui laisse place aussi au végétal.

J’espère que l’idée vous aura donné envie de vous lancer, peut être lors d’un après-midi pluvieux pour préparer votre prochaine sortie dans la nature <3

 

Et sinon, comment s’est passé votre été? Le mien a été déconnecté et je suis très heureuse de vous retrouver ici. J’espère que nous aurons l’occasion d’échanger et de nous encourager dans nos projets créatifs, au balcon, au quotidien. J’avoue être un peu intimidée car je prépare la première newsletter de Kinoette et je voudrais tellement qu’elle vous intéresse que je procrastine. Il faudra bien que je me lance, mais je suis un peu rouillée du clavier! A bientôt, Aurélie

presse-fleurs pas à pas

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2 comments

Hélène-GOOD LIFE 101 30 septembre 2017 at 10:17

J’adore cueillir des fleurs quand je me balade, tout ça pour les voir flétrir à vu d’oeil… alors merci pour cette idée ! Avec les bords en washi-tape, c’est super joli en plus 🙂 Tu en fais quoi des fleurs après ?

Reply
Aurelie 1 octobre 2017 at 8:54

Merciii ma copine! C’est vrai que le washi ça fait de suite très pro hihi. Pour le moment j’ai les plantes et fleurs utiles dans un herbier et les fleurs ornementales sont encore dans le presse-fleurs, c’est la première fois que j’en récolte de façon organisée. J’ai quelques idées de déco à faire avec mais j’y réfléchis encore… j’aime pas trop encombrer mon intérieur donc il faut que ce soit convaincant. To be continued… 😉

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